10 juin 2009

Correspondance : Adieu, cher sommeil…

De : Anik ---
Envoyé : 7 juin 2009 ---
À : Julie ---
Objet : Adieu, cher sommeil… ---

Salut Julie! ---

Ça va? Est-ce que Frérot réussit enfin à mieux dormir la nuit ? Tu tiens le coup ?

Ici, c’est moi qui commence à mal faire mes nuits. En fait, je ne sais pas trop pourquoi, mais je me réveille à 5h du matin depuis plusieurs jours, à mon grand désarroi. La maison est tranquille, tout le monde dort et me voilà les deux yeux bien ouverts. Mon esprit est réveillé, mais mon corps refuse de fournir l’effort nécessaire pour sortir du lit. Il me dit : « Non, mais t’es folle ! Il est bien trop tôt pour se lever. Mais qu’est-ce que tu fabriques ? Rendors-toi ? ». Et là, commencent les réflexions sur n’importe quoi (tu sais ce que c’est qu’un cerveau féminin, pas moyen d’arrêter cela…), pour que finalement, vers 6h45, je réussisse à me rendormir. Et à 7 h, PetiteAnge (je vais bientôt devoir changer son nom pour PetiteAngeCornue, son caractère s’affirme de plus en plus) se réveille et me réveille à son tour. Et là, évidemment, je ne veux pas me lever. Alors, mon corps s’extirpe péniblement du lit et se dirige maussadement vers la chambre de bébé et la journée commence…

Je suis maintenant incapable de faire la grasse matinée, quand bien même je voudrais. J’évoque avec regrets l’époque où je me levais quand bon me semblait… et j’attends que mes enfants soient adolescents pour reprendre les matinées de sommeil perdues, avec la crainte, toutefois, que je ne puisse pas en profiter une fois le moment venu.

En attendant, j’exerce quelquefois une petite vengeance sur les enfants, pour toutes les fois où elles m’ont réveillée la nuit ou trop tôt le matin. Ce matin, par exemple, il était 7h et j’étais bien réveillée. Comme je voulais que les filles partent tôt pour la garderie, je suis allée les réveiller alors qu’elles dormaient encore. À 8h, tout le monde était dans l’auto et c’était le départ. 1-0 Maman…

Sur ce, à bientôt !

Anik


Julie répond à Anik


De : Julie
Envoyé : 8 juin 2009
À : Anik
Objet : RE : Adieu cher sommeil…

Allô Anik!

Je suis en pleine forme. Et reposée par-dessus le marché!

Ton courriel tombe à pic: PapaZen et moi disions justement, il y a un jour ou deux, que Frérot ne se réveillait plus la nuit pour boire un petit coup. Il dort 9 à 10 heures d’affilée, le visage enfoui dans un toutou avec une lippe absolument délicieuse. Le tableau récompense tous les levers nocturnes et les yeux bouffis qui en ont résulté.

Frérot a maintenant 7 mois. C’est le temps que ça lui a pris, à lui, pour apprendre à se rendormir la nuit sans notre aide. Pourtant, nous avons appliqué toutes les recettes présentées dans différents livres dont, mon préféré, Mon enfant dort mal.

J’ai une pensée pour celles, (et peut-être ceux!), qui se lèvent la nuit pendant des mois, voire des années, pour consoler leur enfant. Ils diraient peut-être: «Elle est cinglée, cette Julie. Pourquoi être si pressée et d’enchaîner truc sur truc pour trouver LE bon? Frérot va faire ses nuits quand il sera prêt. Un point, c’est tout. Il est encore si jeune.».

Peut-être. Mais j’ai un vaste choix de réponses qui justifient ce désir express de dormir, et qui sont à la base de mon souhait de le transmettre au pt’it dernier.

  1. Deux aînées qui dorment comme une tonne de briques jusqu’au petit matin dès 8 ou 10 semaines laissent penser que cette faculté est génétique et qu’elle nous soit indubitablement due.
  2. Une fois qu’on a goûté à de merveilleuses nuits interminables, on ne peut plus s’en passer.
  3. Pour survivre aux demandes multiples de 3 enfants de 6h à 19h, une mère est en droit de vouloir être reposée pour ne pas perdre la boule.
  4. De bonnes nuits de sommeil permettent de grandir (argument pour mon fils, pas pour moi, je le sers à mes filles quand elles veulent lui faire gaga-gougou pendant qu’il est au pays des rêves).
  5. Frérot dépasse rondement le poids préconisé et la maturation physiologique pour puiser dans ses réserves pendant la nuit (pour les intéressées, d’après les auteures du livre précédemment mentionné, ces indices bénis se situent aux alentours de 8 semaines et de 5 kilos). Après un repas de camionneur pour le souper, il est illogique qu’il ait un petit creux passé minuit.
  6. Un bébé qui fait ses nuits assez tôt permet de couper court aux questions des madames-qui-veulent-faire-la-conversation-au-supermarché et, encore mieux, de leur soutirer des sourires d’admiration qui sous-entendent que nous sommes une bonne mère.

Fais ton choix.

Tout de même, on a essayé à peu près n’importe quoi.

  • Lui remettre son toutou fétiche sur le nez et remettre de la musique douce (c’était un bel effort, mais il nous fallait trouver mieux).
  • Écourter les tétées de nuit de trente secondes chaque nuit pour lui faire comprendre que ça n’en vaut pas la peine (avis, cet exercice de calcul mental est en lien direct avec l’insomnie maternelle qui s’ensuit);
  • Le réveiller avant minuit pour lui donner une petite collation nocturne (inutile, il n’y comprenait rien);
  • Lui donner de l’eau au biberon s’il se réveille (préalable: accepter le biberon);
  • Lui donner deux onces de préparation s’il se réveille (cette solution est avantageuse sur trois points: PapaZen peut s’en charger, Frérot a résisté tellement longtemps au biberon qu’il peut le tenir seul dans son lit – mon médecin n’aimerait pas... - et qu’il peut l’accepter frais, ce qui nous évite de raisonner pour manipuler correctement le micro-ondes à trois heures du matin);
  • Attendre 5 minutes, puis 10 minutes, puis 15 minutes avant d’aller le voir dans son lit, juste à lui parler, sans le prendre (puis se décourager et lui donner le sein de toute manière).
  • Je lui disais même «Noublie jamais ça Frérot: Dormir une nuit entière est une victoire de l’enfant sur lui-même.» (citation du même livre).

Peut-être parce que Frérot était «in and out» dans ses habitudes de se réveiller la nuit, qu’il «oubliait» qu’il n’avait jamais eu aussi faim de sa vie, aucun de ces trucs ne pouvait être appliqué avec persistance. Ce qui ne lui donnait pas l’occasion de s’adonner à quelques réflexions métacognitives du genre «Quand Maman fait le truc de la semaine, soit le truc X, je devrais cesser de pleurer, car «anyway» le buffet n’est pas ouvert, la serveuse est d’un ennui mortel, je dois me rendormir en restant sur mon appétit».

Et c’est à partir du moment où on (j’) a (ai) cessé d’être tourmentés (obsédée) par l’idée que tout est rentré dans l’ordre. Tout seul. Sans tambour ni trompette.

Je touche du bois!

Julie

P.-S. Pendant tes insomnies matinales, visualise le succès du livre Imparfaite, et alors?

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