4 janv. 2010

Julie et PapaZen se disent leurs 4 vérités

Dernier soir des vacances. Les enfants soupirent juste à l'idée de reprendre leur routine. PapaZen, pour se donner bonne conscience, sort des dizaines de cahiers à corriger. Julie, pour se donner du courage et contrer son petit blues, se sert une sangria en préparant le repas.
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La première vérité: un nouvel agenda prometteur
Julie, soupirant - Pfft...

PapaZen, se cherchant un petit coin sur la table à travers les 2010 bricolages de Noël de ses filles
- Tiens? Ton livre est ici. Je te le mets où?

Julie, buvant une gorgée de son précieux élixir
- Ce n'est pas un livre, c'est mon nouvel agenda... J'sais pas trop. Mets-le sur sur l'îlot à a travers tout ce bazar?

PapaZen, soupirant à son tour
- Pffft... J'espère pour toi que tu vas savoir où le retrouver.

Julie, se faisant un petit coin sur le comptoir pour commencer à cuisiner
- Ne t'inquiète pas. Je ne risque pas de l'oublier. Il m'obsède...

PapaZen, ouvrant le premier cahier à corriger et levant un sourcil
- Je ne t'en ai pas parlé à l'échange de cadeaux... mais je me demande encore pourquoi tu n'as pas trouvé mieux à demander qu'un agenda au père Noël...

Julie, susceptible, rangeant rageusement toute la vaisselle sale des quatre autres membres de sa famille
- Ben quoi? C'est ça que je voulais. Je l'ai demandé. Je l'ai eu! Tu sauras qu'il est différent des autres cet agenda...

PapaZen, reprenant, sceptique
- Un agenda, c'est un agenda... Écoute, je ne vois pas pourquoi tu en as tant besoin. Trop organisée, c'est comme pas assez...

Julie, espiègle, buvant une autre gorgée
- Justement, mon Pitou. Je voulais t'en parler... "Pas assez organisé", ça me fait penser à quelqu'un que je connais très bien...

PapaZen, pris au piège
- Très drôle. Rappelle-toi: ça te prend une direction, pas un cadre.

Julie, acquiesçant
- Je sais. C'est vrai... D'ailleurs, c'est pour ça que j'ai demandé cet agenda en particulier. Son titre, c'est "Une année pour moi! Mon projet de vie".

PapaZen, trouvant son stylo rouge
- Tiens, tiens. Anik commence à déteindre sur toi...

Julie, susceptible
- Pis après?

PapaZen, patient
- "Trop organisée, c'est comme pas assez... Une direction plutôt qu'un cadre". Moi je n'en démords pas.

Julie, sentant que la discussion promet et ouvrant le frigo pour trouver une bière
- Mon Pitou, je sens que cette discussion promet. Puis-je t'offrir cette bonne bière?

PapaZen, pris au piège
- Je vais me sacrifier. Tu connais ma nouvelle résolution... Santé à toi, ma grosse!

GrandeSoeur, voulant faire comme les grands
- Maman, je peux avoir un jus moi aussi?

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La deuxième vérité: Même PapaZen se laisse séduire

Après avoir servi un verre de jus et levé son verre de sangria à la santé de tous, Julie décida de reprendre la discussion.

Julie, joues roses - Je t'ai dit que cet agenda m'obsédait tout à l'heure. En fait, il me rend triste depuis quelques jours.

PapaZen, surpris et curieux
- Je suis surpris! Comment ça? Dis-moi, je suis curieux.

Julie, mettant les pâtes à cuire
- Bien, ce n'est pas un agenda comme les autres. Il n'y a pas de dates dedans.

PapaZen, terre à terre, un point d'interrogation dans les yeux
- Et qu'est-ce qui te rend triste là-dedans?

Julie, découragée que son homme ne comprenne pas l'évidence
- C'est évident! Je ne sais pas quoi écrire dedans! J'ai trop de choses en tête...

PapaZen, s'étouffant presque avec sa bière
- Je suis surpris! Comment ça? Dis-moi, je suis curieux.

Julie, faisant tomber un énorme cube de sauce à spaghetti congelé dans une casserole
- Ne ris pas de moi, le "smart"! Je suis restée prise au premier exercice. Tiens, je vais te le lire et tu me diras, Einstein, comment tu t'en sors!

PapaZen, rangeant son stylo rouge
- Tu as toute mon attention.

Julie, se saisissant de l'agenda sur une haute pile de babioles menaçant de s'écrouler
- Je te le lis tel quel, page 18: "Imaginez-vous dans un avenir lointain (dans dix ou vingt-cinq ans): assurez-vous de rendre cette image la plus réaliste possible dans ses couleurs, sa lumière, son décor et son ambiance. Aoutez-y des sons, des odeurs, puis identifiez votre état d'esprit dans la circonstance. Maintenant, écrivez dans votre journal ce que vous percevez, vos conditions de vie et la personne que vous voyez.".

PapaZen, souriant
- C'est tout? Je me suis vu dans une verrière, dans une autre maison que celle-ci, tranquille, à boire un café et à lire mon journal.

Julie, impressionnée
- Comment t'as fait?

PapaZen, volubile
- Bien, j'ai calculé. Dans 25 ans, je serai à ma retraite. Les enfants auront quitté la maison. On aura une nouvelle maison, plus petite, avec une verrière. Puis je me suis vu en train de faire ce que j'aime faire. Je suis à peu près sûr qu'il y avait plein de guides de voyage dans notre bibliothèque car je sais qu'on voyagera souvent...

PetiteSoeur, interrompant la discussion
- Moi aussi je veux y aller! En attendant, maman, je peux avoir une petite collation?

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La troisième vérité: C'est compliqué, pour Julie, de rêver

Julie servit une mini-collation à sa fille, uniquement pour pouvoir avoir la paix et ainsi continuer de discuter avec PapaZen.

PapaZen, intéressé - Toi? Qu'est-ce que tu as vu?

Julie, triste, venant prendre place à la table
- Bien c'est ça qui me rend triste. Je ne vois rien...

PapaZen, sourcils froncés
- Je ne te suis pas...

Julie, honteuse de ses processus mentaux complexes
- J'ai fait comme toi et j'ai calculé. Dans 25 ans, je serai à ma retraite. J'ai bloqué là: je serai à ma retraite "de quoi?". Je ne sais pas quel travail je ferai durant les prochaines années...

PapaZen, banalisant
- Ce n'est pas important...

Julie, convaincue
- Pour moi, si! Si je ne sais pas à peu près quel emploi j'occuperai dans 25 ans, je ne saurai pas si ce que je fais aujourd'hui est en lien direct avec mes priorités. Tu ne crois pas? Enfin... J'ai poursuivi ma réflexion quand même en me disant que les enfants allaient être adultes. J'ai bloqué ici aussi.

PapaZen, pas psychologue pour deux sous
- Euh, pourquoi?

Julie
- Pour imaginer nos enfants adultes, il me faut savoir combien nous en aurons. Si je n'ai pas cette information, je sens que mon tableau est incomplet.

PapaZen, peu préoccupé par ces considérations mathématiques
- Trois ou quatre, il faut juste choisir. Ce n'est pas une question primordiale aujourd'hui...

Julie, convaincue
- Pour moi, si! Si je ne sais pas que notre famille se composera de 5 ou 6 personnes, je ne peux pas savoir si on doit planifier ou non une 4e grossesse dans la prochaine année. Mais j'ai poursuivi ma réflexion quand même en me disant que les enfants allaient avoir quitté la maison. Encore une fois, j'ai dû m'arrêter ici.

PapaZen, ne risquant même pas une hypothèse
- Je ne risque même pas une hypothèse...

Julie, désespérée
- Bien, je ne sais pas si ce sera cette maison!

PapaZen, compatissant
- J'imagine ton drame...

Julie, lucide
- J'ai l'impression de ne pas savoir où je m'en vais. Je ne sais pas comment organiser mes trucs cette année pour réaliser ce que je veux vraiment. Et cet exercice m'a foutu une de ces déprimes...

PapaZen, positif
- Je suis certain que tu as bien dû voir quelque chose...

Julie, affirmative
- Oui, même si j'avais plusieurs réponses inconnues. J'ai vu une plage. Un grand vent. Des vagues déferlantes.

PapaZen, ravi
- Bon! Voilà! Je savais bien que rien n'était perdu. Et j'étais à tes côtés!

Julie, gênée
- Euh, non... J'étais toute seule. Il y avait beaucoup d'espace. Juste de l'espace. Et moi.

PapaZen, surpris
- Bon, d'accord. Et qu'est-ce que tu faisais? Tu lisais? Tu écrivais? Tu regardais ta maison au bord du fleuve?

Julie, rougissant
- Bien rien. Rien du tout. J'étais juste là.

Frérot, marchant du mieux qu'il put jusqu'à sa mère et tirant sur tout ce qu'il put pour tenter de grimper sur elle
- OUINNNN!

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La quatrième vérité: PapaZen fait la lumière sur le sujet
Julie prit son fils, les yeux dans le vide, perdue dans son futur incertain.

PapaZen, s'improvisant psychanalyste - Veux-tu savoir mon interprétation?

Julie, désemparée
- Tant qu'à ne pas savoir où j'en suis, je t'écoute, Freud. Attends, je vais aller me coucher sur le divan...

PapaZen, poursuivant
- Tu n'as rien vu au premier abord parce que tu es à une étape de grands changements dans ta vie. Tu places tes pions un après l'autre. Tu sais à peu près ce que tu veux mais tu ne sais pas encore ce que ça donnera au final. C'est la raison pour laquelle tu as des espaces blancs: tu ne sais pas encore de quoi ils seront remplis.

Julie, ne laissant pas paraître qu'elle est bouche bée et se retournant comme s'il y avait quelqu'un derrière son épaule
- Euh... As-tu suivi une formation chez Jojo Savard ou quoi? As-tu développé tes talents de médium en écoutant la soirée du hockey? Ma grand-mère t'a-t-elle dit quelque chose à mon sujet de l'au-delà?

PapaZen, ne se laissant pas décourager pour si peu
- Quant à ce que tu as vu. C'était, selon moi, très révélateur. Tu t'es vue seule sur une plage déserte à ne rien faire. C'est tout le contraire de notre vie actuelle. Ça bouge tout le temps. On ne s'entend plus penser. On est sollicité à toutes les deux minutes. On ne peut pas marcher deux pas sans se cogner les orteils sur un jouet. On est toujours occupés...

Julie, frappée par l'exactitude de l'analyse, chuchotant
- C'est le juste retour des choses... C'est la concrétisation de tout ce qu'il me manque actuellement.

PapaZen, toujours en transe
- J'ai vu que tu n'avais pas répondu au billet des slogans d'Anik...

Julie, repentante
- Je ne savais pas quoi écrire... Les autres ont tous écrit des beaux slogans... moi je n'avais rien...

PapaZen, prenant un "guess"
- Je vais prendre un "guess" et je vais t'en dire un slogan. Un slogan pour toi. Qui "fitera" avec ce que tu es. "En 2010, je me sentirai en vacances tous les jours et je me créerai de grands espaces pour ce dont j'ai envie"

Julie, revigorée
- Wow! Merci! C'est en plein ce qu'il me faut! (mais retombant aussitôt dans son tempérament réflexif) J'y comprends rien, Pitou, comment ça se fait que c'est si simple pour toi et que c'est si compliqué pour moi?

PapaZen, content d'avoir raison
- Je ne vois qu'une combinaison savante d'éléments rares: une intelligence hors du commun, une passion pour laver les portes vitrées, un talent inédit pour manger ses oranges en faisant un boucan d'enfer... et une faculté à reporter 120 cahiers à corriger au lendemain!

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Pour en savoir davantage sur Mélissa Lemieux, auteure de l'agenda Une année pour moi! Mon projet de vie:
Son site: www.monprojetmavie.com
Son blogue: www.moncoachperso.ca/
Son Twitter: twitter.com/melissa_coach

9 commentaires imparfaits:

Evely on 4 janvier 2010 à 10:13 a dit…

oh la la que je te comprends... mais à un autre niveau. J'ai commencé à remplir le livre des IEA et j'ai bloqué au premier chapitre. Je n'arrive pas à viser plus en faisant moi.

Enfin, tout ça pour dire que je te comprends et que PapaZen a certainement raison. Il a une vision extérieur à tes questionnements, donc voit plus facilement des probabilités de réponses. Je serais tellement comme toi et ne pas savoir quoi répondre.

Je pense que je verrais une grande tablée, mais je sais pas combien de place il y a et je sais pas c'est où, mais l'ambiance est très calfutrée et suave, genre un foyer dans le coin. Je sais aussi que le repas serait excellent, mais ça c'est parce que je suis gourmante ;)

Anonyme a dit…

En 2010, je me souhaite de rencontré quelqu'un à l'écoute et aussi compréhensif que papa zen est pour toi.

Monoparentale, je me sens aussi perdue que toi dans le grand projet de la vie. Je serais incapable de m'imaginer dans 10 ans, encore moins dans 20 ans.

Je crois que je vais me procurer cet agenda, j'ai besoin de réfléchir sur ma vie, la direction à prendre, mes désirs, mes objectifs d'accomplissement. Je vie comme un robot qui abat les tâches à la suite sans relâche, sans une minute pour respirer entre les tâches.

Merci pour ce billet. C'est exactement ce qui me fallait aujourd'hui.

''En 2010, je serai moins seule.''

Julie on 4 janvier 2010 à 10:23 a dit…

@Evely
"Quand ma décision est prise, j'hésite longuement" :-D

Le premier chapitre est le dernier que nous avons écrit (si je ne me trompe pas). C'est le plus englobant, et selon moi, le plus difficile parce qu'il est le plus général. Ne te décourage pas! Passe à un autre chapitre plus concret en attendant.

Une grande tablée? Ça me parle beaucoup moi aussi...

Julie on 4 janvier 2010 à 10:32 a dit…

@Anonyme
Le robot qui abat ses tâches, comme un automate... J'ai déjà dit souvent ces paroles moi aussi. Je te comprends: c'est une situation désagréable.

Puis-je te conseiller de formuler ton slogan différemment?
"En 2010, je rencontrerai l'homme de ma vie... d'être bien entourée..."
En portant l'attention sur ce qu'on veut vraiment, on se débarrasse forcément de ce qu'on ne veut plus. Et c'est réellement plus motivant! Bonne chance! Viens-nous dire comment tu évolues.

Mamanbooh on 4 janvier 2010 à 15:46 a dit…

S'arrêter, réfléchir et faire le point, c'est pas facile quand on est toujours dans l'action.

En même temps, je vais moi aussi me forcer un peu pour ne pas passer à côté de ce qui est important...

Merci pour cettre réflexion!

*Est-ce que PapaZen existe vraiment?

cindypoliquin on 4 janvier 2010 à 16:00 a dit…

Wow unw retraite de quoi? Sa me parle sa aujourdhui !!

Moi je croit que papaZen est bien un homme leur simpliciter a besoin d'être copier !!! nous les femmes nous sommes parfois compliquer !! Moi aussi je désire orienter ma vie mais dans le doute j'y vais pas ... ce que je veut dire que je ne veut pas faire quelque chose pour voir si j'aime Non je veut être sur de se que je veut !!!
Et ta raison visualiser c'est très bon!! Notre quotidien quoi que parfois trop remplis dois avoir un influence sur notre futur. Nous devons savoir s'arrêter et penser plus loin!! le temps passe vite mais va toujours au même rythme !!!

Julie on 4 janvier 2010 à 16:27 a dit…

@mamanbooh
Prendre une pause pendant l'action, ça a souvent l'air d'être un luxe (voire un effort surhumain!), mais je suis certaine que ça rapporte.

Oui, PapaZen existe en chair et en os. Parfois, je le pince pour m'en assurer :-D

@Cindy
Je sais que c'est bêbête "une retraite de quoi" (et j'étais presque gênée de l'écrire...) Mais il me semble que ça veut tout dire non?

À quoi sert d'aller vite si on ne sait pas où on va?

Anik on 4 janvier 2010 à 18:07 a dit…

@ Julie
C'est drôle, parce que je me suis plus reconnue dans PapaZen, au cours du billet. Mais il me semble que 25 ans, c'est loin. Je préfère faire l'exercice pour dans 10 ans. Je vois beaucoup de temps pour moi, dans 10 ans... J'en ai déjà pas mal, mais je ne suis pas rassasiée... ;) Pour le reste, je garde cela pour moi.

Mais chose certaine, c'est en 2010 que je commence à vivre la vie que je veux vivre. Et je me suis programmé (PapaZen, aucun commentaire!!!) une séance de méditation/visualisation créatrice par jour... On verra bien où ça ve me mener... Jour 4, et je n'ai pas encore flanché ! :)

La Belle on 4 janvier 2010 à 22:10 a dit…

Je n'en reviens tout simplement pas comment PapaZen ressemble à tout point à mon Amour à moi !

Il semble avoir réponse à presque tout, à me trouver trop organisé, il vit tellement la vie au moment présent sans penser au passé ni au futur !

J'essaie d'être un peu comme lui, mais je suis incapable. Comme toi, je me demande de quoi aura d'l'air la prochaine année, est-ce que j'aurai un autre enfant, etc..etc..

Merci de partager la découverte de Mélissa Lemieux !

 

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